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Bernard Vienat
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Le 20 avril 2012 à 6 h 20 min   

Vous êtes ici au Mamco, mais aussi à la plaine de Plainpalais ou encore face à la galerie Skopia. Pour son exposition monographique au Musée d’Art contemporain de Genève, des oeuvres de Thomas Hubert (1955) prennent le grand air à la rencontre du public. En plus des quelque 400 oeuvres de l’artiste zurichois, qui sont à voir à l’intérieur du musée, 5 panneaux de chantiers ont pris place entre le quartier des Bains et celui des Acacias. L’on y découvre l’image que le peintre c’est faite de la ville, de l’endroit précis où le spectateur se trouve, ou plutôt, de celui qui est face à lui.

Thomas Huber, Une trouée à Plainpalais, 2012 Photo : Ilmari Kalkkinen – Mamco, Genève

Je m’imagine que nous ouvrons les portails fermés des tableaux et que nous sortons les espaces dissimulés derrière, tout comme si l’on pouvait transporter les tableaux hors des musées dans la rue. Nous décrochons les tableaux des murs et les amenons en ville. Nous les portons haut afin que chacun puisse les voir.  Th. Hubert Lire la suite…

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ejobin
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Le 6 avril 2012 à 9 h 33 min   

Formes de mouvement

L’artiste japonais Yukihio Tagushi n’est visible qu’un instant: alors que la vidéo débute. Pied-de-biche en main, il arrache une à une les lattes grises du plancher de son atelier berlinois. Puis l’homme disparaît. Parallèlement, les planches prennent vie. Grimpent sur le mur. À la queue leu leu, elles s’arrangent en un sentier, partant à l’assaut du dehors, changeant d’espace. On suit leur cheminement silencieux dans les rues de Berlin, dans ses jardins, ses stations U-Bahn, on les voit s’assembler parfois pour former d’étranges constructions. Les voilà qui s’inventent passage piéton, avant d’imaginer une installation en prenant appui sur une voiture, se regroupant autour d’un tronc d’arbre. Chaque nouveau positionnement est photographié, monté en une suite de clichés. Le film d’animation dit le mouvement capturé, documenté, archivé.

Projeté depuis une semaine sur un mur blanc du centre PasquArt, à Bienne, Moment (2007-2008) de Yukihiro Taguchi est un exemple tiré du Project 35. Cette exposition de vidéos d’artistes mise également sur le mouvement : itinérante — elle peut être louée par n’importe quel musée —, elle a déjà été montrée à plusieurs reprises, essentiellement dans des institutions états-uniennes et d’Amérique latine.

Meris Angioletti, 14 15 92 65 35 89 79 32 38 46 26 43 38 32 79 50 28 84 19 71 69 39 93 75 10 (2009)

Son instigateur, l’Independent Curators International (ICI), est basé à New York et fête avec ce projet ses 35 ans d’existence. Pour la sélection, l’organisation a fait marcher son vaste réseau de commissaires d’exposition: 35 d’entre eux ont sélectionné autant de vidéos d’artistes, cela sur une base internationale. Une politique qui lui assure non seulement une visibilité mondiale, mais lui permet en outre d’avoir des attaches dans de nombreux pays, histoire de débusquer les nouveaux talents. C’est une invitation à la découverte. La plupart des artistes représentés sont méconnus, tout comme les commissaires qui les ont choisis, dont les noms sont cependant dûment indiqués aux côtés du titre des vidéos. On se plonge dans la multitude. Il en émule des rencontres inattendues, des approches très différentes du genre, que le centre PasquArt répartit agréablement dans ses salles. Les films semblent y dialoguer.

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Bernard Vienat
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Le 2 décembre 2011 à 11 h 37 min   

De l’importance des nations

Douze ans après la première édition de la Biennale de Venise en 1895, l’architecte Léon Sneyers construit pour la Belgique le premier pavillon national. Dès lors, les espaces dédiés aux nations n’ont cessé de se multiplier. Aujourd’hui, comme le souligne Paolo Baratta, président de la fondation de la Biennale de Venise, les pavillons des pays participants sont le premier pilier de la Biennale.

Ils sont en effet indispensables à un rayonnement international  et, contrairement à l’exposition centrale, confiée pour cette édition à la commissaire suisse Bice Curriger, ils offrent la possibilité à chaque nation de choisir son propre curateur, de donner un aperçu de la création artistique et des thématiques fortes présentes dans ces régions.

L’enceinte des Giardini, avec ses 28 pavillons permanents ne pouvant accueillir de nouvelles constructions, les nations pas encore représentées se sont progressivement installées à l’Arsenale et  à l’intérieur de la ville dans de somptueux palais de la Sérénissime. Lors de cette 54ème Biennale pas moins de 89 pays étaient représentés. Pour certains, comme l’Arabie Saoudite ou le Bangladesh, ce fut l’occasion d’une première participation; pour d’autres, l’Inde et la République Démocratique du Congo notamment, celle d’un retour.

Entre bonnes et mauvaises surprises, la découverte des pavillons fut haletante. Une Biennale est l’occasion de mettre en place des expositions fortes et propres à susciter la polémique. Peu de vitrines aussi importantes peuvent jouer ce rôle et c’est pourquoi il est essentiel que le  visiteur puisse, à cette occasion, se positionner clairement face aux œuvres et à leurs mise en scène. Les choix curatoriaux ambitieux sont censés permettre aux visiteurs de prendre parti, d’encenser un pavillon ou de le désapprouver fermement . Rien n’est pire que la voie médiane qui laisse un goût mièvre face aux oeuvres.

Découvertes, surprises, émerveillements et dégoûts furent au rendez-vous cette année. Peu après la fermeture de l’exposition, cet article est l’occasion de revenir sur trois pavillons marquants aussi bien par les choix des commissaires que par la qualité des travaux présentés. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 20 novembre 2011 à 11 h 44 min   
exposition du musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Affiche de l'exposition

Rire gras, sourires esquissés, les formes d’expressions de notre joie, de notre hilarité ou de notre gêne sont infiniment variées. Les vecteurs des sentiments et des réactions qu’ils entraînent sont tout aussi multiples. Ainsi, de l’humour graveleux à la satire acerbe le musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne a cherché à « développer le rire sous toutes ses formes ».

Pour ce faire, Bernard Fibicher et les deux co-curateurs Federica Martini et Marco Costantini ont réuni des créations remontant au dix-septième siècle jusqu’à nos jours. De Quentin Metsys et une scène grivoise peinte sur toile au dix-septième à  Maurizio Catalane qui accroche son galeriste avec des bandes adhésives  au mur de la galerie, les formes de représentation sont déclinées en peintures, photographies, sculptures, dessins, vidéos et œuvres in situ.

L’écriture domine aussi plusieurs travaux. A côté d’un film montrant une parodie de performance particulièrement triviale, la promesse de John Baldessari, écrite de manière répétitive, martèle : « Je ne ferai plus jamais de l’art ennuyeux ». Dans la salle voisine, autour des œuvres d’artistes tel Nan Goldin, Rodney Graham ou Christian Boltanski on peu voir trois grandes toiles de Christian Robert-Tissot. Avec leurs messages tantôt hermétiques, tantôt banals, se référant aussi bien à l’histoire de l’art qu’aux conventions muséales, on découvre, quitte à rester perplexe, le côté incongru souhaité dans l’exposition. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 22 octobre 2011 à 14 h 47 min   

Ai Wei Wei, "Han Dynasty Urn with Coca Cola Logo", 1995, 25 x 28 x 28 cm, Sammlung Sigg

Depuis près d’une décennie, le centre Pasquart de Bienne a pour coutume de présenter une fois par année une exposition thématique. Après une recherche sur les moments de joie, de bonheur et d’émotion lors de l’exposition 2010 intitulée « Felicità », c’est aujourd’hui le rapport entre archéologie et art contemporain qui est passé au crible. Dolores Denaro, qui signe ici sa dernière exposition pour le musée, a choisi une dénomination grecque : « Arkhaiologia ». Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 11 octobre 2011 à 17 h 43 min   

 

Grâce à un passionné d’art et à l’entrain d’une poignée de bénévoles s’organise depuis 1953 des expositions au sein du Musée des Arts Jurassiens de Moutier. C’est aujourd’hui Valentine Reymond qui est la conservatrice du lieu et, forte d’un accord de coopération unissant la République et canton du Jura et la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle a fait naître l’exposition concept : duos d’artistes un échange.

Dans la nouvelle aile du musée, Léonard Félix, peintre jurassien vivant à Genève, répond avec ses toiles aux peintures et dessins de l’artiste belge Charlotte Beaudry. A première vue, tout oppose les œuvres de l’un et de l’autre. Le premier représente des constructions architecturales vides de toute présence humaine. Voilées par un flou mystérieux, elles recèlent un côté mystique et, en fonction de la distance où l’on se trouve, des lueurs de clarté font jour. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 5 octobre 2011 à 21 h 38 min   

En charge de l’exposition d’Art Contemporain du musée Rath « Rathania’s »,  l’artiste et curateur genevois Fabrice Gygi a choisi un mode de commissariat pour le moins peu conventionnel. Sur les deux niveaux du musée se trouvent, dans les longues salles, des structures métalliques montée comme des étagères qui se divisent en modules. Au total, ce ne sont pas moins de 296 boîtes de 1 mètre sur 1 et de 60 centimètres de profondeur qui sont confiées au talent créateur d’artistes ou de collectifs. On peut penser que faire un choix parmi tous les artistes établis dans le canton n’est pas chose facile… Pour l’exposition « Rathania’s », le problème ne s’est pas posé. Aucun des participants n’a dû passer devant un jury… Les premiers inscrits ont tout simplement hérité de l’espace.

Comme on peut lire sur le site internet du musée: « il s’agit d’une invitation à la production artistique genevoise à présenter toute sa force créatrice et sa prolifération. » Il en résulte une diversité de supports et de genres complète. Peintures, sculptures, photographies, installations de tous types se mélangent. La « prolifération » est donc totale et oblige le spectateur à faire lui-même sa sélection. Il se retrouve ainsi son propre commissaire. L’espace d’un cheminement entre les boîtes il affine son goût, construit sa propre définition de l’art contemporain, découvre la scène genevoise. Pourtant, sur les 296 boîtes, l’inégalité de niveau entre les créations est bien marquée. Heureusement, malgré le nombre de peintures décoratives, d’installations faciles et de travaux sans références, sans esthétique ni concept, ils se trouvent quelques œuvres d’une réelle qualité, qui mérite de rentrer dans la catégorie Art contemporain. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 28 septembre 2011 à 13 h 04 min   

Pour célébrer le 30ème anniversaire de la galerie Andata Ritorno, Emanuela Lucaci et Joseph Farine investissent les murs de l’espace avec une réflexion originale sur la nécessité du portait au 21ème siècle. On peut effectivement se demander de nos jours qu’elle est la place du portrait peint alors que la photographie rend déjà une image fidèle du sujet et qu’il est possible à tout un chacun d’y avoir accès.

Cette exposition en deux parties, « Intimate faces » de Emanuela Lucaci et « painting is an other way of loving » de Joseph Farine donne une bonne réponse à la question. La sensibilité propre aux deux artistes confère aux œuvres tour à tour une touche qui apaise les contours des visages, qui en marque les traits, qui les défigure, qui les sublime. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 20 septembre 2011 à 15 h 37 min   

Ouvrage "ANIMALIA", 2086 pages, 21,7 x 28,7 cm, Septembre 2011

C’est au bord de l’Aar, au cœur de Berne qu’exposent en compagnie d’une dizaine  d’artistes de la génération montante de graphistes suisses alémaniques, Ivan Weiss et Mikael Kryenbühl. Tout droit revenus de leur atelier d’artiste new-yorkais, ils présentent un livre sortant de l’ordinaire, fruit d’un travail de titan.

Toutes les espèces animales connues sont réunies dans cette bible à mi-chemin entre recherche scientifique et réalisation artistique. Illustrée de 8000 images noires et blanches de créatures vivantes se trouvant sur notre planète, cette encyclopédie sensibilise le public à la biodiversité qui nous entoure et rappelle que seul ce qui est exploré et catalogué peut être véritablement protégé.

Depuis Aristote et son œuvre « Historia Animalium » l’intérêt pour la recherche et la catégorisation des espèces n’a jamais cessé. Dans un désir de meilleure compréhension de notre environnement ou en quête de nos racines, les données se sont progressivement multipliées. Lire la suite…

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CP
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Le 5 décembre 2010 à 14 h 57 min   

Emanuela Lucaci, Wild Hunt, 35x25 cm, huile sur papier marouflé sur bois

« Sexy X’mas » est une exposition collective réunissant des artistes ayant pour la plupart exposés à la galerie andata.ritorno, réunis pour la circonstance dans l’actualité du calendrier sur les thèmes conjugués de la festivité, de l’érotisme, de la religiosité, sous l’étendard universellement présent à cette époque de la commercialisation. Depuis plus de 2000 ans, la fête de Noël marque l’Occident chrétien du sceau de la commémoration de la naissance de Jésus-Christ, sous des formes très diverses : la piété se faisant de plus en plus rare, au profit d’un commerce outrancier accéléré par l’ère industrielle capitaliste. Le sexe et son marché, qui date de la nuit des temps, a bien entendu suivi, quant à lui, une expansion proportionnelle à l’essor de la technologie des temps post-modernes. Lire la suite…

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