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Alexis Kasparians
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Le 13 décembre 2012 à 13 h 58 min   

Le 12 mai 2008, la région du Sichuan, en Chine, connaît un tremblement de terre des plus dévastateurs. Des dizaines de milliers disparus, et d’enfants, morts sous les décombres de leurs salles de classe. Combien précisément ? Le problème reste entier; de fait le gouvernement chinois a choisi, depuis le premier jour, de créer un épais nuage d’anti-information sur le drame. Refusant catégoriquement l’aide internationale, l’Etat décida de déblayer, au plus vite, tous les stigmates de la catastrophe, allant jusqu’à acheter le silence des familles des disparus, dont l’existence allait être purement et simplement reniée, aucune enquête sur leur identité n’ayant été engagée. Ce constat désarmant alimente de nombreuses publications, tel le site du New York Times. Le rôle des articles journalistiques est dans ce cas, comme dans la très grande majorité des situations, d’une importance cruciale ; sans eux le peu de véracité des informations auxquelles il est permis d’avoir accès serait définitivement compromise. Cependant, il ne reste pas moins vrai, qu’avec leur martèlement de morts toujours plus nombreuses, d’actes toujours plus innommables, les médias rendent la réalité des événements, peu palpable pour ceux qu’ils assaillent quotidiennement. La passivité des auditeurs, des lecteurs, et des spectateurs, semble croître, suivant l’horreur des évènements.

Vue de l’exposition Rebar-Lucerne, Galerie Urs Meile, 27.10.2012-12.01.2013, photo: Galerie Urs Meile

Voici le vivier de la création d’Ai Weiwei, nommé artiste le plus influent de l’année 2011 par Art Review. Ainsi, depuis la fameuse date du 12 mai 2008, l’activité de l’artiste chinois s’est largement concentrée sur le tremblement de terre du Sichuan. Diverses œuvres nées des décombres de la catastrophe ont déjà été présentées, notamment en 2009 à Tokyo, Ai Weiwei : According to what ? au Mori Art Museum, ou à la Haus der Kunst de Munich, avec l’exposition so sorry, deux manifestations où les œuvres étaient constituées par des sacs à dos d’enfants, reliques du drame de 2008. C’est précisément de ce même ensemble d’œuvres, témoins muets du désastre, que sont issus les travaux installés actuellement dans la Galerie Urs Meile de Lucerne. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 19 septembre 2012 à 11 h 28 min   

Réputé comme tremplin pour jeunes talents, l’Aargauer Kunsthaus célèbre jusqu’à mi-novembre, avec l’exposition intitulée « la jeunesse est un art », le 30ème  anniversaire du prix culturel Manor. Au lieu de présenter une rétrospective des 130 plasticiens ayant obtenu cette distinction, six curateurs de moins de 40 ans ont été appelés à choisir un panel d’artistes incarnant la jeune scène helvétique. 49 d’entre eux, issus de toutes les régions du pays, de par leurs origines, leurs formations ou leurs résidences actuelles, présentent ainsi de nouvelles œuvres, toutes réalisées spécialement pour l’occasion.
La liberté thématique laissée aux artistes et le caractère inédit des œuvres confrontent le visiteur à un véritable état des lieux des préoccupations, et questionnements de toute une génération. L’originalité qui se dégage ne semble visiblement plus résider dans une déclinaison tautologique de la nouveauté, mais plutôt dans l’appropriation de formes déjà établies, et l’ouverture de la création à d’autres disciplines.

L’histoire de l’art comme support

En découvrant le négatif de la fresque de la Cène de Léonard De Vinci, moulé d’après une réplique en résine par Christian Gonzenbach, le spectateur se trouve face à la transmutation de l’un des motifs les plus connus de l’histoire de l’art. Malgré l’apparition d’une troisième dimension inversée, allant de pair avec une profonde distorsion, la reconnaissance du motif vient naturellement. La réflexion sur le pouvoir de l’image iconique chemine alors dans les esprits. Voyant l’envers d’un motif déformé montrant un trou à la place du pain, des paumes de mains retournées, et des corps absents, l’on parvient mentalement à reconstituer la fresque du Florentin.  La prise de conscience des conséquences de notre bagage socio-culturel sur notre perception, semble, alors, aller de pair avec la découverte d’angles d’observation alternatifs.
La mise en lumière indirecte de la peinture de Léonard proposée par Gonzenbach rejoint les réflexions, proposées par d’autres artistes, sur nos compréhensions des origines de l’art et sur l’utilisation pratique et théorique qu’elles inspirent aujourd’hui. Le travail d’Annaïck Lou Pitteloud fait ainsi référence aux travaux théoriques de Kandinsky et du Bauhaus. Celui de Pascal Schwaighofer, quant à lui, remonte jusqu’aux sources connues de la création. Basé sur des fragments d’un texte sur les fresques de Lascaux écrit par Georges Bataille, présenté dans une version anglaise et annotée, la composition murale de l’artiste tessinois suggère aussi bien une réflexion sur le langage commun,  la temporalité ou la reproduction. A la réflexion conceptuelle s’ajoute en plus une technique étudiée, dans laquelle se mêlent différents processus de numérisation, projection et report par émulsion photosensible.

Monde intérieur et culture primate

Guillaume Pilet, Etude pour le buste Congo, 2012, Céramique vernissée, 15 x 38 x 22 cm, Photo: © Nicolas Delaroche

Si de l’histoire de l’art à la littérature, les sciences de l’esprit inspirent, le monde de l’inconscient semble en faire tout autant. Quelques salles plus loin, pour se rapprocher du mur, où sont accrochés des dessins en couleur, le spectateur se faufile au travers d’une barrière formée de petits montants métalliques rappelant les séparations chrétiennes isolant les sépulcres. Passé ce premier obstacle, un banc molletonné empêche une nouvelle fois le contact direct avec les œuvres et invite plutôt, comme lors d’une psychanalyse, à s’y allonger. Cette scène d’intérieur proposée par Athene Galiciadis semble tout droit sortie d’un rêve. Les dessins accrochés sont d’ailleurs le reflet des songes de l’artiste. Accolés les uns aux autres, ils donnent ainsi l’opportunité au visiteur de se plonger dans le monde onirique de celle-ci.

Guillaume Pillet propose, quant à lui, un retour sur l’évolution. Une part de sa réflexion semble se baser sur la ressemblance de l’homme avec le singe. L’univers simiesque, qui se décline dans le travail de l’artiste lausannois, suggère de fait l’existence d’une culture primate. Dans une serre octogonale sont suspendues, sept peintures abstraites, à la réalisation rapide. Posés sur des socles, en dessous de chacune d’elle, des bustes de singes en céramique trônent tels de fiers artistes heureux de leurs réalisations picturales. Avec cette transposition de l’artiste en singe ou plutôt du singe en artiste, la critique sous-jacente de la création, mais aussi du regard naïf du spectateur, fait alors presque vaciller la sympathie première accordée à l’animal.

Recherche artistique au-delà des frontières établies

Si Pillet semble rappeler notre proximité génétique avec les primates, d’autres artistes de l’exposition s’inspirent encore plus fortement de la science. Stefan Burger décline ainsi, dans une installation photographique, une expérience neuroscientifique suédoise portant sur une forme de ressenti physique placebo.

Adrien Missika, quant à lui, revenu d’une résidence dans un institut de recherche en Inde,  présente une vidéo tournée dans un laboratoire scientifique de Bénarès. Projetées sur un écran suspendu au milieu de l’une des salles, les images, montrées aux ralentis, détaillent les moindres mouvements du vol d’un papillon de nuit. Avec esthétisme, un autre aspect de l’insecte se dévoile. Grâce au zoom de la caméra, l’artiste soumet aux yeux du visiteur un nouveau cadrage, révélant la beauté d’une nature invisible au quotidien.

Adrien Missika, Untitled 2012, 2012, projection vidéo, Photo: © Adrien Missika

Au travers de la variété des œuvres, la transdisciplinarité et l’internationalisation des échanges apparaissent sans conteste comme deux des caractéristiques ressortant de l’exposition. La réflexion lancinante sur la culture vernaculaire ne semble plus correspondre aux préoccupations actuelles de cette génération d’artistes. Sans pour autant passer dans l’oubli, la réflexion sur la culture suisse paraît supplantée par des méta-thématiques. Entre résidences internationales et migrations, la scène contemporaine suisse s’étend bien au-delà des frontières. La majorité des artistes sélectionnés ont d’ailleurs passé une partie de leur parcours artistique hors de Suisse. En combinant cette diversité avec une ouverture plus large des champs de recherche aux autres domaines scientifiques et sociaux, cette jeunesse offre un nouveau souffle et tendrait même à faire taire les perpétuels détracteurs de l’art contemporain.

 

Aargauer Kunsthaus, « La jeunesse est un art », jusqu’au 18.11.2012, Aargauerplatz, 5001 Aarau, Tel. +41 (0)62 835 23 30, www.aargauerkunsthaus.ch

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ejobin
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Le 12 juin 2012 à 8 h 23 min   

Le Kunstmuseum de St-Gall a cette capacité de nous étonner : chaque année, l’institution de cette petite ville de Suisse orientale dévoile un programme ambitieux et soigné. Rétrospectives, panoramas d’œuvres et expositions de groupe sont organisés sur deux étages, chacun accueillant une exposition différente. Son directeur Roland Wäspe a un goût certain pour les artistes les plus en vue du moment, qu’il invite a montrer leurs dernières créations — on a pu y voir les artistes suisses Sylvia Bächli, Marc Bauer ou encore John Armleder décliner leur travail dans les salles du musée. Cet hiver, Konrad Bitterli a rassemblé les œuvres de photographes conceptuels, de Jeff Walls à Andreas Gurski, tandis qu’en parallèle se tenait une exposition de nature plus moderne : Walter Burger und Kunstfreunde, œuvres de la collection du musée.

Jamais on ne sort déçu. Encore moins en ce début juin, où la très attendue exposition de Pipilotti Rist Blutbetriebene Kameras und quellende Räumea tout juste ouvert ces portes.

Perlen der Zeit aka Sip My Ocean, 1994-2012

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Alexis Kasparians
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Le 31 août 2012 à 21 h 15 min   

Nicolas Righetti, Bachar Al-Assad’s Syria, 2012, photographie, Rezo

C’est dans un petit couloir du quartier des Pâquis, à Genève, que s’invite un certain regard sur la réalité contemporaine. Ou plus exactement sur une réalité de 2007, qui semble aujourd’hui n’être plus que la mascarade des autorités d’un pays, qui la voudraient encore actuelle. De part son sujet même, le propos de l’exposition L’œil de Bachar, de Nicolas Righetti peut difficilement s’extraire de son ancrage politique. En effet, la série de onze photographies, présentée à la galerie Swissinfographics, ont pour sujet l’image du président Bachar El-Assad, dans les rues de Damas. La double temporalité des œuvres de Nicolas Righetti, prises en 2007, exposées aujourd’hui en 2012, dénonce de manière poignante toute la superficialité des jugements et des apparences de notre société.« Yes to a Rosy Future »

Tout un programme. Le titre de la troisième publication de Nicolas Righetti, dédiée aux dictatures, reprend en vérité un des slogans de l’état syrien. Le projet de l’exposition est en fait, issu de ce travail, dont sont tirées les photographies présentées par la galerie. Si la publication du photographe met en parallèle ses clichés avec des citations de discours officiels de Bachar El-Assad, l’exposition, elle, propose, comme pendant aux tirages de l’artiste, trois infographies, produites par la galerie Swissinfographics même. Crues et efficaces, ces images schématisent, par exemple, le nombre de mort à la guerre civile depuis 2011, classés par âge ou par sexe. Ainsi, la double temporalité est simplifiée par la disposition même des éléments de l’exposition. Deux parois se font face : une paroi d’images passées, une paroi de constats présents. Les deux temps se rencontrent, comme en un point culminant du haut duquel la chute est inévitable, avec le portrait géant d’un Bachar sur fond de fleurs, telle une sculpture photographique[1]. Lire la suite…

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Alexis Kasparians
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Le 3 juillet 2012 à 9 h 16 min   

Marcel Meury, Jonathan Delachaux, Cyril Vandenbeusch, curateur: Bernard Vienat

L’entremets, le plus souvent proposé en fin de repas, avant le dessert, cherche à redonner appétit à celui qui, déjà, se sent repus. De la même manière, les œuvres présentées, par l’association art-werk, ont pour dessein de stimuler l’œil du spectateur, à la vue aujourd’hui trop souvent saturée. Si de prime abord tout oppose le travail de Marcel Meury, Jonathan Delachaux et Cyril Vandenbeusch, leur recherche créative et percutante, poussant à une réflexion nécessaire, les réunit pourtant. La mise en contact directe d’espaces, de matériaux comme de réalités différentes, peut être comprise comme la pierre angulaire de l’exposition.

A peine entré dans la galerie, le visiteur est face à un antagonisme de taille : la salle principale s’ouvre sur un tumulus cultivé, où poussent, dans le calme, des topinambours. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 20 avril 2012 à 6 h 20 min   

Vous êtes ici au Mamco, mais aussi à la plaine de Plainpalais ou encore face à la galerie Skopia. Pour son exposition monographique au Musée d’Art contemporain de Genève, des oeuvres de Thomas Hubert (1955) prennent le grand air à la rencontre du public. En plus des quelque 400 oeuvres de l’artiste zurichois, qui sont à voir à l’intérieur du musée, 5 panneaux de chantiers ont pris place entre le quartier des Bains et celui des Acacias. L’on y découvre l’image que le peintre c’est faite de la ville, de l’endroit précis où le spectateur se trouve, ou plutôt, de celui qui est face à lui.

Thomas Huber, Une trouée à Plainpalais, 2012 Photo : Ilmari Kalkkinen – Mamco, Genève

Je m’imagine que nous ouvrons les portails fermés des tableaux et que nous sortons les espaces dissimulés derrière, tout comme si l’on pouvait transporter les tableaux hors des musées dans la rue. Nous décrochons les tableaux des murs et les amenons en ville. Nous les portons haut afin que chacun puisse les voir.  Th. Hubert Lire la suite…

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ejobin
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Le 6 avril 2012 à 9 h 33 min   

Formes de mouvement

L’artiste japonais Yukihio Tagushi n’est visible qu’un instant: alors que la vidéo débute. Pied-de-biche en main, il arrache une à une les lattes grises du plancher de son atelier berlinois. Puis l’homme disparaît. Parallèlement, les planches prennent vie. Grimpent sur le mur. À la queue leu leu, elles s’arrangent en un sentier, partant à l’assaut du dehors, changeant d’espace. On suit leur cheminement silencieux dans les rues de Berlin, dans ses jardins, ses stations U-Bahn, on les voit s’assembler parfois pour former d’étranges constructions. Les voilà qui s’inventent passage piéton, avant d’imaginer une installation en prenant appui sur une voiture, se regroupant autour d’un tronc d’arbre. Chaque nouveau positionnement est photographié, monté en une suite de clichés. Le film d’animation dit le mouvement capturé, documenté, archivé.

Projeté depuis une semaine sur un mur blanc du centre PasquArt, à Bienne, Moment (2007-2008) de Yukihiro Taguchi est un exemple tiré du Project 35. Cette exposition de vidéos d’artistes mise également sur le mouvement : itinérante — elle peut être louée par n’importe quel musée —, elle a déjà été montrée à plusieurs reprises, essentiellement dans des institutions états-uniennes et d’Amérique latine.

Meris Angioletti, 14 15 92 65 35 89 79 32 38 46 26 43 38 32 79 50 28 84 19 71 69 39 93 75 10 (2009)

Son instigateur, l’Independent Curators International (ICI), est basé à New York et fête avec ce projet ses 35 ans d’existence. Pour la sélection, l’organisation a fait marcher son vaste réseau de commissaires d’exposition: 35 d’entre eux ont sélectionné autant de vidéos d’artistes, cela sur une base internationale. Une politique qui lui assure non seulement une visibilité mondiale, mais lui permet en outre d’avoir des attaches dans de nombreux pays, histoire de débusquer les nouveaux talents. C’est une invitation à la découverte. La plupart des artistes représentés sont méconnus, tout comme les commissaires qui les ont choisis, dont les noms sont cependant dûment indiqués aux côtés du titre des vidéos. On se plonge dans la multitude. Il en émule des rencontres inattendues, des approches très différentes du genre, que le centre PasquArt répartit agréablement dans ses salles. Les films semblent y dialoguer.

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Bernard Vienat
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Le 2 décembre 2011 à 11 h 37 min   

De l’importance des nations

Douze ans après la première édition de la Biennale de Venise en 1895, l’architecte Léon Sneyers construit pour la Belgique le premier pavillon national. Dès lors, les espaces dédiés aux nations n’ont cessé de se multiplier. Aujourd’hui, comme le souligne Paolo Baratta, président de la fondation de la Biennale de Venise, les pavillons des pays participants sont le premier pilier de la Biennale.

Ils sont en effet indispensables à un rayonnement international  et, contrairement à l’exposition centrale, confiée pour cette édition à la commissaire suisse Bice Curriger, ils offrent la possibilité à chaque nation de choisir son propre curateur, de donner un aperçu de la création artistique et des thématiques fortes présentes dans ces régions.

L’enceinte des Giardini, avec ses 28 pavillons permanents ne pouvant accueillir de nouvelles constructions, les nations pas encore représentées se sont progressivement installées à l’Arsenale et  à l’intérieur de la ville dans de somptueux palais de la Sérénissime. Lors de cette 54ème Biennale pas moins de 89 pays étaient représentés. Pour certains, comme l’Arabie Saoudite ou le Bangladesh, ce fut l’occasion d’une première participation; pour d’autres, l’Inde et la République Démocratique du Congo notamment, celle d’un retour.

Entre bonnes et mauvaises surprises, la découverte des pavillons fut haletante. Une Biennale est l’occasion de mettre en place des expositions fortes et propres à susciter la polémique. Peu de vitrines aussi importantes peuvent jouer ce rôle et c’est pourquoi il est essentiel que le  visiteur puisse, à cette occasion, se positionner clairement face aux œuvres et à leurs mise en scène. Les choix curatoriaux ambitieux sont censés permettre aux visiteurs de prendre parti, d’encenser un pavillon ou de le désapprouver fermement . Rien n’est pire que la voie médiane qui laisse un goût mièvre face aux oeuvres.

Découvertes, surprises, émerveillements et dégoûts furent au rendez-vous cette année. Peu après la fermeture de l’exposition, cet article est l’occasion de revenir sur trois pavillons marquants aussi bien par les choix des commissaires que par la qualité des travaux présentés. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 20 novembre 2011 à 11 h 44 min   
exposition du musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Affiche de l'exposition

Rire gras, sourires esquissés, les formes d’expressions de notre joie, de notre hilarité ou de notre gêne sont infiniment variées. Les vecteurs des sentiments et des réactions qu’ils entraînent sont tout aussi multiples. Ainsi, de l’humour graveleux à la satire acerbe le musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne a cherché à « développer le rire sous toutes ses formes ».

Pour ce faire, Bernard Fibicher et les deux co-curateurs Federica Martini et Marco Costantini ont réuni des créations remontant au dix-septième siècle jusqu’à nos jours. De Quentin Metsys et une scène grivoise peinte sur toile au dix-septième à  Maurizio Catalane qui accroche son galeriste avec des bandes adhésives  au mur de la galerie, les formes de représentation sont déclinées en peintures, photographies, sculptures, dessins, vidéos et œuvres in situ.

L’écriture domine aussi plusieurs travaux. A côté d’un film montrant une parodie de performance particulièrement triviale, la promesse de John Baldessari, écrite de manière répétitive, martèle : « Je ne ferai plus jamais de l’art ennuyeux ». Dans la salle voisine, autour des œuvres d’artistes tel Nan Goldin, Rodney Graham ou Christian Boltanski on peu voir trois grandes toiles de Christian Robert-Tissot. Avec leurs messages tantôt hermétiques, tantôt banals, se référant aussi bien à l’histoire de l’art qu’aux conventions muséales, on découvre, quitte à rester perplexe, le côté incongru souhaité dans l’exposition. Lire la suite…

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Bernard Vienat
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Le 22 octobre 2011 à 14 h 47 min   

Ai Wei Wei, "Han Dynasty Urn with Coca Cola Logo", 1995, 25 x 28 x 28 cm, Sammlung Sigg

Depuis près d’une décennie, le centre Pasquart de Bienne a pour coutume de présenter une fois par année une exposition thématique. Après une recherche sur les moments de joie, de bonheur et d’émotion lors de l’exposition 2010 intitulée « Felicità », c’est aujourd’hui le rapport entre archéologie et art contemporain qui est passé au crible. Dolores Denaro, qui signe ici sa dernière exposition pour le musée, a choisi une dénomination grecque : « Arkhaiologia ». Lire la suite…

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